Neuropsychologie

« Nous ne devons jamais laisser nos peurs, ou les attentes de notre entourage, définir les frontières de notre destin. »
NCIS


Neuropsychologie


Fonctionnement du cerveau

Quelques courtes définitions pour une meilleure compréhension de ses dysfonctionnements.

Evolution du cerveau en trois étapes :
– 1 : Cerveau reptilien (poissons, reptiles, oiseaux)
– 2 : Cerveau paléomammalien (les mammifères les plus primitifs)
– 3 : Cerveau néomammalien (les mammifères évolués) : c’est le système limbique (cerveau primitif) composé du lobe limbique, des voies olfactives, du circuit de Papez, et du cortex préfrontal. Siège des réactions viscérales, neurovégétatives, des émotions primaires.

Les circuits cérébraux, qui assurent la transmission de l’information grâce aux fibres nerveuses et aux synapses, sont à l’état d’ébauche à la naissance. Ils vont se développer en fonction des expériences et des apprentissages précoces de l’enfance.


Système nerveux

composé du :
. Système nerveux central
(Cerveau, tronc cérébral, moelle épinière)
et du :
. Système nerveux périphérique

lui-même composé du :
Syst. somatique (voies sensitives et motrices)
et du :
Syst. neurovégétatif ou autonome :
à son tour composé du :

. Syst. nerveux sympathique
Utilise neuromédiateurs : adrénaline, noradrénaline dont les récepteurs sont de types alpha et bêta. Prépare à l’effort physique et intellectuel (activé  dans la lutte et dans la fuite). Dilatation des bronches, accélération du rythme cardiaque et respiratoire,  augmentation de la sécrétion de sueur et de la tension artérielle. Vasoconstriction périphérique.En résumé : l’excitation.
et du :
. Syst. nerveux parasympathique
Utilise neuromédiateur : acétylcholine (substance globalement excitante) dont la libération est impliquée dans l’éveil, l’attention, la colère, l’agressivité, la sexualité, la soif. Contraction de la cage thoracique, ralentissement du rythme cardiaque, diminution de la sécrétion de sueur et la tension artérielle. Stimule les fonctions digestives et sexuelles. En résumé : l’apaisement.

Neurone :
Le système nerveux se compose de cellules nerveuses – le cerveau en inclut 100 milliards de ces cellules appelées « neurones ». Leurs interconnexions s’étendent dans tout le corps afin d’envoyer et de recevoir des messages et d’assurer la communication entre les différentes parties de l’organisme.

Neurotransmetteurs (ou neuromodulateurs) :
Petites molécules (une soixantaine de substances identifiées) libérées par les neurones pour assurer la liaison entre eux ou entre un neurone et sa cible. L’espace entre deux neurones, à l’intérieur duquel est libéré le neurotransmetteur, s’appelle synapse. Pour effectuer la liaison, le neurotransmetteur doit parvenir, à travers la fente synaptique, à des récepteurs qui lui sont spécifiques. On appelle agonistes les substances (par ex. des médicaments) qui ont les mêmes effets que les neuromédiateurs d’un récepteur donné, et antagonistes les substances qui bloquent l’effet normalement attendu d’un neuromédiateur.
Rôle des neurotransmetteurs (ou neuromédiateurs) :
– La dopamine est un neurotransmetteur inhibiteur impliqué dans le contrôle du mouvement, dans l’humeur, dans les phénomènes de dépendance, dans certains symptômes psychotiques, dans les systèmes du plaisir et de la récompense. Les neuroleptiques ou antipsychotiques bloquent la transmission de la dopamine. La concentration des récepteurs dopaminergiques vont de pair avec la reconnaissance et le statut social. Elle facilite l’action qui apportera le plaisir, issu du pouvoir, de l’argent, de la sexualité, de l’entourage. Elle est ainsi un marqueur de la motivation. Leur rareté marque à l’inverse le recours à l’addiction.
– La sérotonine est impliquée dans la régulation de la température, du sommeil, de l’humeur, de l’appétit et de la douleur. Intervient aussi dans l’addiction. Régule les impulsions.
– La noradrénaline est impliquée dans les mécanismes de l’attention, des émotions, de la dépression, du sommeil et de l’apprentissage. Intervient aussi dans l’addiction. Mise en valeur des événements extérieurs.
Sérotonine et noradrénaline se régulent mutuellement. Un découplage est observé dans les addictions où événements extérieurs et impulsions ne s’accordent plus.
– Le GABA (acide gamma-aminobutyrique) se rencontre en abondance dans les neurones du cortex. Certains récepteurs GABAergiques sont sensibles aux anxiolytiques.

Nocicepteurs :
Neurones sensoriels, présents dans les tissus cutanés, musculaires, vasculaires, articulaires, osseux ou viscéraux, spécialisés dans la réception de la chaleur, du froid, de la pression, des agents chimiques externes et internes, qui font naître un message nerveux en direction du système nerveux central provoquant la douleur lorsqu’ils sont stimulés conduisant le corps à percevoir, détecter et réagir.
Nociception et chronicité :
La douleur chronique peut provenir de l’hyperexcitabilité des neurones et des nerfs endommagés par la contamination aux neurones et aux nerfs voisins, mais aussi de l’émission de signaux spontanés de la part de ces neurones et nerfs endommagés, même après leur guérison. En effet, des lésions, traumatiques, liées à des maladies (cancers, diabète), consécutives à des traitements médicamenteux, à l’usage de drogues, sont susceptibles de déclencher des décharges à l’origine de la douleur.
Enfin, des régions impliquées dans la pensée complexe et les émotions (cortex cingulaire antérieur, amygdale), la peur et l’anxiété, la cognition et la concentration, l’évaluation des risques et des récompenses eu égard à des décisions, la dépressivité et la motivation, sont intimement liées à l’apparition de la douleur et à sa chronicité. Des observations commencent à dégager les liens entre la douleur chronique, certaines maladies neurodégénératives et les interactions avec l’environnement endogène et exogène.

Hippocampe :
Petite structure allongée située au cœur du cerveau primitif. L’hippocampe est un régulateur du stress dans la mesure où ses récepteurs au cortisol* répartissent cette hormone dans l’organisme de manière à provoquer des réactions organiques adaptées. Il est responsable de la Mémoire à long terme. L’altération de l’hippocampe s’observe dans les cas de traumatismes psychiques de l’enfance. Cette zone du cerveau est reliée à une zone plus profonde du tronc cérébral, le locus cœruleus, et à l’amygdale.

Thalamus :
Centre de triage des stimulations sensorielles (auditives, visuelles, olfactives…) et sensitives (en provenance du corps) qu’il envoie vers les régions corticales correspondantes et vers l’amygdale.

Amygdale :
Input : reçoit des faisceaux de neurones qui acheminent des stimulations extérieures en provenance des régions sensorielles du thalamus et du cortex. Mémoire contextuelle. Permet de situer la stimulation en fonction des expériences antérieures et des souvenirs constitués.
Output : informations reçues sont réacheminées vers d’autres structures (locus cœruleus et hypothalamus).
Active la production d’hormones (noradrénaline, adrénaline).
Impliquée dans les circuits de l’émotion, et en particulier dans ceux de la peur, de l’anxiété, du sentiment de danger. Son activité est réduite au contact de l’ocytocine (un peptide du plaisir). Elle est également impliquée dans les mécanismes des neurones-miroirs qui concernent le partage des sentiments.

Locus cœruleus :
Concerne le système adrénergique (syst. nerveux sympathique). Réaction d’alarme. Activé dans les situations de stress, d’attention sélective accrue, de vigilance, en rapport avec un danger. Cette zone du cerveau est reliée à l’hippocampe et à l’amygdale par des neurones à noradrénaline. Lors d’une émotion intense, le locus cœruleus inonde l’hippocampe de cette molécule qui enregistre l’événement et renforce le caractère puissant du souvenir.

Hypothalamus :
Régulateur des fonctions vitales et plaque tournante du désir et des émotions. Ajuste le corps aux variations de l’environnement. Concerne la peur, la colère, la motivation. Stimulation de l’activité neurovégétative sympathique (tachycardie, hypertension). Régulation des sécrétions de l’hypophyse. Concerne la thermorégulation, la prise alimentaire (soif, faim), la reproduction (sexualité, ovulation), la lactation, les émotions (réponses aux agressions et aux désirs), les variations liées à l’alternance du jour et de la nuit (cycles veille-sommeil), la croissance, la réabsorption de l’eau au niveau du rein.
Le plaisir augmente la production par l’hypothalamus d’ocytocine en direction de l’amygdale, réduisant l’anxiété.
Le stress libère de la corticolibérine et de la vasopressine qui elles-mêmes libèrent une hormone (ACTH : adréno-corticotrope). L’ACTH déclenche alors au niveau des glandes surrénales la libération de cortisol* qui peut saturer l’hippocampe qui ne jouera plus son rôle de régulateur et verra ainsi se déclencher des phénomènes dépressifs et des attaques somatiques (reins, cerveau, cœur).
Lieu de naissance de la crise migraineuse.

Hypophyse :
Régule la production d’un grand nombre d’hormones stimulant les glandes endocrines périphériques, dont les surrénales qui produisent les glucocorticoïdes et l’adrénaline.

Cortex préfrontal :
Siège des décisions et de l’action.

Ganglions de la base :
Participent au contrôle des mouvements, à la planification (déclenchement, arrêt de l’action).

Cortex cingulaire antérieur :
Partie du cerveau qui transmet les informations entre le système limbique et le cortex préfrontal.

Les activations produites à partir ou vers le cerveau peuvent être explicitées selon des fonctionnements spécifiques :

Circuit thalamus – hippocampe – amygdale :
Est impliqué dans les comportements de peur, de stress, d’agressivité, de défense, de fuite, de combat. Voie rapide.
Circuit cortex – hippocampe – amygdale :
Voie longue, élaborée.

Voie septo-hippocampique :
Responsable de l’inhibition des comportements. Compare les données actuelles à celles de l’expérience.

Axe hypothalamus – hypophyse – surrénales :
Aboutit à la production d’adrénaline et de corticoïdes. Activé dans les situations de stress (sensation d’insécurité, de danger, de déplaisir).

Troubles post-traumatiques de stress :
Les victimes de traumas de stress, ont un niveau élevé de noradrénaline (hormone excitante) et un niveau faible de cortisol* (hormone calmante).
Ces personnes continuent de produire des hormones correspondant aux situations de stress traumatiques. Elles produisent un taux de cortisol faible, à la différence de celles souffrant de dépression majeure qui ont un taux de cortisol élevé.

*Le cortisol, hormone diffusée dans les situations de stress, se retourne contre certaines parties de l’organisme (reins, cerveau, cœur) si les conséquences du stress ne sont pas exprimées.


Nicolas KOREICHO – Institut Français de Psychanalyse
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Sémantique
Idée d’une « psychologie philosophique » – F. Nietzsche

Pour en savoir plus :
Le cerveau à tous les niveaux
Tous les mystères du système nerveux