Les Mûres sauvages

Les mûres sauvages

J’ai gardé en mémoire ce goût acidulé
Des étés où l’audace pointe
Le bout de son épi de blé
De mémoire je sens le vent me chatouiller
Et ainsi entrainer les herbes hautes vers la pointe de mes pieds
Jusqu’à mes cheveux en bataille
L’air est doux et la sève coule à flots dans les pommiers en fleur
J’ignore le tumulte de la ville16.1949
J’ignore si je vais rester là longtemps
Puisqu’allongée dans ce champ doré
Les bras en croix mes pensées divaguent
Emportée dans une torpeur douce
De mémoire je me souviens de ces étés acidulés
Où l’air était vaste et les sensations primaires.

©Bouchra Abdelkahhar – 23/11/2015