Décembre 2016 : l’engourdissement

« Un bateau est conçu pour aller sur l’eau, mais l’eau ne doit pas y entrer. De la même façon, nous sommes conçus pour vivre dans le monde, mais le monde ne doit pas nous envahir. »
Sathya Sai Baba

Une année de l’engourdissement

Cette année qui se termine aura vu l’aménagement, par le souci de bien faire de responsables murés de bonnes et dogmatiques intentions et d’ignorance, de salles de shoot, au grand dam de toxicomanes ou de psychotiques encouragés à consolider leur addiction ou à autoriser de graves décompensations ; elle aura vu le bégaiement des responsables dans leur difficulté de donner une origine sociétale aux auteurs des attentats, contre les principes de reconnaissance pacifique ; elle aura vu la bonne conscience des acteurs de certains syndicats et de quelques associations plaider pour des migrants quittant leurs pays et souvent réduits à être de nouveaux allocataires, parfois délinquants, plus rarement activistes en Europe, au détriment des pays et des familles ; elle aura vu les mendiants se coucher dans les rues avec l’affirmation du droit de ces autres nomades haïs, cependant encouragés dans leur déchéance assistée par des administratifs bureaucrates, imposant régulièrement malhonnêteté et parfois maltraitance des enfants et des animaux.

L’engourdissement des responsables et des spectateurs encourage la misère des corps et des âmes à prospérer et la condition de cet engourdissement est l’ignorance et la bien-pensance dogmatique.

Il s’ensuit chez nombre de personnes le sentiment d’une effraction par l’autre, sous la forme d’attentats, de violence contre les biens et les personnes, d’incivilité, et l’angoisse de ne pas en être protégé.

Pour vieillir heureux et profiter de la vie, sans être accablé par les dogmes de la bien-pensance, il nous faudrait des liens humains forts dans de petites contrées non surpeuplées, un équilibre entre le travail et le repos de l’esprit et du corps, des activités physiques trophiques, et des nourritures terrestres et affectives.

Le grand nombre, qui sent tout au fond de son cœur palpiter un espoir faible qu’un sens, une raison, une hiérarchie fasse entendre leur vérité, un souci navré pour que l’image, la posture, la place de ceux qui doivent prendre soin de nous s’imposent à nouveau.
En attendant, tout cela ouvre la place dans les cabinets des psys à ceux qui doivent retrouver un sens, une raison, une hiérarchie dans les choses et dans les personnes, dans les inconscients aussi pour retrouver l’image nourrissante d’une mère, la posture accompagnante d’un psy, la place protectrice d’un père.

Luc Safrani – Décembre 2016

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