Le titre de psychanalyste

Le titre de psychanalyste

L’usage du titre de psychothérapeute est réservé aux professionnels inscrits au registre national des psychothérapeutes. Le titre de psychothérapeute est réglementé par l’Etat.
Il en est de même pour les titres de psychiatre, psychologue et médecin.

L’usage du titre de psychanalyste est réservé aux professionnels répondant à des exigences administratives, de formation et d’éthique. Le titre de psychanalyste n’est pas réglementé par l’Etat.


Le psychanalyste du point de vue du Droit

Le psychanalyste est soumis à des obligations juridiques, fiscales et sociales qui s’imposent à son activité professionnelle au même titre que n’importe quelle autre profession. Ces obligations sont variables en fonction du mode d’exercice du professionnel psychanalyste qui doit répondre à des contraintes légales (URSSAF, administration fiscale, Sécurité Sociale des Indépendants).

La formation initiale du psychanalyste

Les psychanalystes doivent pouvoir justifier a minima d’un diplôme de niveau bac + 5, dans une discipline connexe en sciences humaines, en sciences, ou en médecine (psychiatrie), régi par la loi. Cependant, une solide formation de niveau supérieur dans un domaine connexe est préconisée, de préférence en psychopathologie.

Il existe aujourd’hui des formations, de qualité variable, agréées en psychothérapie, en psychopathologie et en psychanalyse, dispensées en particulier au sein de cursus universitaires.

Les psychanalystes doivent également faire état d’une analyse personnelle d’une durée suffisante. Trois ans d’analyse au minimum à trois séances par semaine (ou dix ans à une séance par semaine..) est un classique. Cependant, ce sont les résultats de l’analyse du futur analyste sur l’établissement de sa vie personnelle et professionnelle qui seront déterminants.

La formation continue du psychanalyste

Les psychanalystes sont légitimes à exercer leur métier dès lors qu’ils disposent en permanence, outre d’une formation initiale d’un niveau et dans des disciplines adaptés à l’exercice de la psychanalyse, d’un accès dûment attesté (inscription régulière) aux activités d’une école, d’une société, d’un institut de psychanalyse. Le séminaire de l’école, de la société, de l’institut de psychanalyse est à cet égard le socle de leur pratique théorico-clinique en tant que professionnels.

Les psychanalystes, dès le début de leur exercice professionnel, doivent se soumettre à des contrôles, en tant que de besoin, et des supervisions, collectives et individuelles. La pratique de l’analyse didactique est également recommandée, sans d’ailleurs qu’il soit toujours possible de la distinguer de l’analyse proprement dite.

Compétences du psychanalyste

Les psychanalystes sont des intellectuels reconnus. A ce titre, ils doivent pouvoir faire la preuve de travaux d’écriture, justifier de lectures, faire montre d’une culture générale très importante.
En effet, pour pouvoir s’adapter aux cultures individuelles et comprendre sous différents aspects leurs patients, ils sont censés connaître de manière approfondie de nombreuses sphères de pensée, en particulier littéraire, philosophique, spirituelle et scientifique.

Dès lors, les psychanalystes doivent être à même de relater, de développer un propos et d’intervenir sur des sujets variés, en petit comité, en séminaire et devant un public.

Ils doivent également être capables d’expliciter à leurs patients les concepts, à présent partagés par un grand nombre de personnes, tels que ceux faisant référence au cadre, au transfert et au contre-transfert, aux principes généraux de la profession et de ses principes, et de proposer de manière opportune toutes interprétations utiles et nécessaires à leurs patients.

A ce titre, ils doivent faire preuve de grandes capacités d’analyse et de synthèse, ainsi que d’une attention soutenue. L’ancienne règle de l’« attention flottante » est à présent obsolète et le cas échéant contre-productive, le patient pouvant se trouver projeté dans un aspect détérioré de son narcissisme et de la structure de sa personnalité et par là constituer ou consolider un pan dysphorique et parfois mortifère de son évolution.

Capacités du psychanalyste

Les psychanalystes doivent faire preuve d’une grande maturité et d’un bon équilibre personnel ainsi que, en rapport avec cet équilibre, d’une santé physique et mentale satisfaisante.

Il est communément admis que, pour exercer la psychanalyse, dans l’idée de permettre à leurs patients d’acquérir ou de développer une bonne santé personnelle, mentale et sociale, les psychanalystes doivent pouvoir faire montre d’une certaine idée du soin, d’un certain optimisme quant au devenir de l’autre, d’une certaine gentillesse, voire d’une certaine empathie.

Parmi les capacités reconnues aux professionnels du soin, les psychanalystes doivent plus que tous autres particulièrement utiliser et démontrer dans leur pratique des capacités d’écoute, autorisant la compréhension des problématiques de leurs patients ainsi que la restitution de réponses adaptées, exposant par là la pertinence de leur accompagnement dans la justesse des formulations que les psychanalystes fournissent et dans le bien fondé des explicitations qu’ils dispensent aux patients.

A cet égard, la distanciation, la neutralité et la bienveillance sont de mise, même s’il est souvent tout-à-fait bénéfique aux patients d’accueillir les paroles de vérité et de bon sens de l’analyste illustrées au besoin d’exemples d’expériences. Toute critique, jugement hâtif ou outrance directe sont naturellement exclues.

Bref, des qualités de modestie, de délicatesse et de tact sont parfaitement exigées de la part des psychanalystes responsables d’une intersubjectivité, toujours reconsidérée, chez leurs patients.

Personnalité du psychanalyste

Les psychanalystes doivent ainsi être choisis, non seulement en fonction de la légitimité de leur pratique, de leur formation initiale, de leur formation continue, de leurs compétences et de leurs capacités, mais en vertu de leur personnalité même.

C’est d’ailleurs une des raisons qui justifie qu’une partie de la formation des psychanalystes doive concerner la psychopathologie, en ce qu’elle offre non seulement la scientificité des notions développées dans leur exercice théorico-clinique, mais également, compte tenu de la dimension de soin de cet exercice, le recul et la compréhension nécessaires à la prise en charge de patients. Les psychanalystes, là aussi plus que tous autres, doivent être en mesure de reconnaître la nature de la psychose, de la névrose, de la pathologie ou du trouble dont souffrent les patients, de manière que soient évités diagnostics différentiels, passages à l’acte, décompensations, raptus suicidaires, consolidations symptomatiques.

Ethique et déontologie du psychanalyste

Les psychanalystes sont soumis au secret professionnel même si, au regard du Droit ainsi qu’à celui de la sauvegarde des patients et, éventuellement, de leur protection, le concept de secret professionnel partagé avec un autre professionnel est maintenant intégré dans leur exercice.

Ils doivent naturellement procéder à la transparence des questions touchant au nombre de séances requis, au coût des séances (entre 40 et 70 euros), à la matérialité du paiement, tant il s’impose que l’argent est un objet d’échange complexe doté d’une grande puissance symbolique qui a une valeur et une signification inconscientes, à leur durée (45 minutes est un minimum).

Ils doivent être conscients de la nécessité d’appliquer une forme de distanciation sans cependant la confondre avec une distance pouvant comporter des risques d’isolement non désiré parfois encouru par les patients ou d’enfermement dans une solitude qui ne serait pas ontologique.

Par ailleurs, ils doivent s’abstenir de tout passage à l’acte physique ou d’écarts de comportement avec leurs patients sans que des transferts positifs, d’amitié ou de séduction relative, soient exclus de la relation, au titre d’une facilitation mesurée de l’avancée de l’analyse.
En effet, si les phénomènes de transfert et de contre-transfert font émerger des désirs refoulés, les psychanalystes doivent se garder de les satisfaire mais non cependant pas d’analyser transferts, et d’en donner au bon moment l’interprétation aux patients, et contre-transferts et d’en faire bon usage pour leur propre analyse.

Une importante idée du respect de cette éthique, garantie par l’appartenance des psychanalystes à un école, une association, un institut, est bien d’assurer la protection et la sauvegarde des patients, et, outre de favoriser la liberté d’expression, de favoriser le développement et la réalisation des patients.

Enfin, ainsi que nous l’avons exposé précédemment, les psychanalystes doivent, dans le respect de cette éthique, s’assurer de l’entretien et du perfectionnement de leurs connaissances, en psychanalyse et en psychopathologie, de la bonne santé de leurs facultés physiques et mentales, de la qualité de leur motivation et de la nature de leur désir d’être psychanalyste.


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