Ethologie

Ethologie : Extraits – Bibliographie

« Car ce qui échoit aux fils des hommes échoit aux bêtes ; une seule et même chose leur échoit : ainsi que les uns meurent, ainsi meurent les autres ; oui, tous ont le même souffle ; de sorte que l’homme n’a nulle prééminence sur la bête : car tout est vanité. »
Ecclésiaste 3 : 19

« Le jour viendra où le fait de tuer un animal sera condamné au même titre que celui de tuer un humain. »
Léonard de Vinci

« Car l’homme est le plus cruel de tous les animaux. C’est en assistant à des tragédies, à des combats de taureaux et à des crucifixions que, jusqu’à présent, il s’est senti le plus à l’aise sur la terre ; et lorsqu’il s’inventa l’enfer, voici, ce fut là son ciel sur la terre. »
Friedrich Nietzsche – Ainsi parlait Zarathoustra

« Le jour où les humains comprendront qu’une pensée sans langage existe chez les animaux, nous mourons de honte de les avoir enfermés dans des zoos et de les avoir humiliés par nos rires… ».
Boris Cyrulnik

« Les chats, les femmes et les grands criminels ont ceci de commun : ils représentent un idéal inaccessible et une capacité à s’aimer soi-même qui nous les rend attirants. »

Sigmund Freud


« Aime les animaux : Dieu leur a donné les rudiments de la pensée et de la joie intacts. Ne trouble pas leur joie, ne les tourmente pas, ne les prive pas de leur bonheur, n’œuvre pas contre l’intention de Dieu. »

Fédor Dostoïevski


« Qu’on ne se moque pas de la sympathie que j’ai pour elles : la théologie elle-même nous ordonne d’avoir de la mansuétude à leur égard.
Elle considère que c’est un même maître qui nous a logés dans ce palais pour être à son service, et donc que les bêtes sont, comme nous, de sa famille; elle a donc raison de nous enjoindre d’avoir envers elles du respect et de l’affection.
Si on peut discuter de tout cela, il n’en reste pas moins que nous devons un certain respect et un devoir général d’humanité, non seulement envers les animaux, qui sont vivants et ont une sensibilité, mais envers les arbres et même les plantes.
Nous devons la justice aux hommes, et la bienveillance et la douceur aux autres créatures qui peuvent les ressentir.
Il y une sorte de relation entre nous, et des obligations mutuelles.
Je ne crains pas d’avouer la tendresse due à ma nature si puérile qui fait que je ne peux guère refuser la fête que mon chien me fait, ou qu’il me réclame, même quand ce n’est pas le moment.
La manière de naître, d’engendrer, de se nourrir, d’agir, de se mouvoir, de vivre et de mourir qui est celle des animaux est si proche de la nôtre que tout ce que nous ôtons aux causes qui les animent, et que nous ajoutons à notre condition pour la placer au-dessus de la leur ne peut relever d’une vision raisonnée.
Comme règle pour notre santé, les médecins nous proposent en exemple la façon de vivre des animaux, car ce mot a été de tout temps dans la bouche du peuple :
Tenez chauds les pieds et la tête ;
Au demeurant, vivez en bêtes. »

Michel de Montaigne – Essais


« A Monseigneur le Dauphin

Je chante les Héros dont Esope est le Père,
Troupe de qui l’Histoire, encor que mensongère,
Contient des vérités qui servent de leçons.
Tout parle en mon Ouvrage, et même les Poissons :
Ce qu’ils disent s’adresse à tous tant que nous sommes.
Je me sers d’Animaux pour instruire les Hommes.
Illustre rejeton d’un Prince aimé des cieux,
Sur qui le monde entier a maintenant les yeux,
Et qui, faisant fléchir les plus superbes Têtes,
Comptera désormais ses jours par ses conquêtes,
Quelque autre te dira d’une plus forte voix
Les faits de tes Aïeux et les vertus des Rois.
Je vais t’entretenir de moindres Aventures,
Te tracer en ces vers de légères peintures.
Et, si de t’agréer je n’emporte le prix,
J’aurai du moins l’honneur de l’avoir entrepris. »

Jean de la Fontaine (1621 – 1695)


« Le monde était un coffre de bijoux. Les joyaux demeuraient rares, l’homme ayant fait main basse sur le trésor. Parfois, on tenait encore un brillant devant soi. Alors la Terre étincelait d’un éclat. Le cœur battait plus vite, l’esprit s’enrichissait d’une vision.
Les bêtes étaient passionnantes parce que invisibles. Je ne me faisais pas d’illusion : on ne pouvait percer leur mystère. Elles appartenaient aux origines dont la biologie nous avait éloignés. Notre humanité leur avait déclaré une guerre totale. L’éradication était presque finie. Nous n’avions rien à leur dire, elles se retiraient. Nous avions triomphé et bientôt, nous autres humains, nous serions seuls, à nous demander comment nous avions pu faire le ménage aussi vite.
Munier m’avait offert de soulever un coin du voile pour contempler l’errance des princes de la Terre. Les dernières panthères, chirous et hémiones survivaient traqués, réduits à se cacher. Apercevoir l’un d’eux, c’était contempler un très bel ordre disparu : le pacte antique des bêtes et des hommes – les unes vaquant à leur survie, les autres composant leurs poèmes et inventant des dieux. Pour une raison inexplicable, Munier et moi éprouvions une nostalgie pour cette vieille allégeance. « Sombre fidélité pour les choses tombées » (Victor Hugo, Les Châtiments).
La Terre avait été un musée sublime.
Par malheur, l’homme n’était pas conservateur. »

Sylvain Tesson – La Panthère des neiges


« Les droits de l’espèce humaine s’arrêtent devant les droits d’autres espèces. Qu’est-ce que c’est une espèce vivante ? C’est une synthèse incroyablement complexe, qui a mis des millions d’années à se constituer d’un certain nombre de propriétés du monde naturel, qui sous cette forme sont totalement irremplaçables. Irremplaçables dans la chaîne des êtres vivants où chacun remplit sa fonction, et irremplaçables aussi d’un point de vue esthétique car chacun constitue une sorte de chef-d’oeuvre, a une beauté particulière. L’existence d’une espèce est aussi importante que l’oeuvre d’un grand peintre, que pourtant nous employons tous nos efforts à protéger dans des musées, alors que quand il s’agit d’une espèce vivante nous la traitons avec une désinvolture et un mépris incroyables. »

Claude Lévi-Strauss

Bibliographie Ethologique :

Sur FaceBook :

Animal cognition

– Animal Cognition, the Emotional and Intellectual Lives of Animals

La nature, l’animal, l’humain

Bibliographie 

– H.-S. Afeissa, J.-B. Jeangène Vilmer et al., Textes : Philosophie animale, différence, responsabilité et communauté, Vrin, 2010

– Françoise Armangaud, Réflexions sur la condition faite aux animaux, Ed. Kim, 2011

– Avrane (Patrick) et al., Le chat du psychanalyste, CampagnePremière, 2013

– Baratay (Eric), Le point de vue animal : une autre version de l’histoire, Le Seuil, 2012

– Paola Cavalieri, Peter Singer et al., Le projet Grands Singes, l’égalité au-delà de l’humanité, One Voice, 2003

– Cyrulnik (Boris), Mémoire de singe et paroles d’homme, Paris, Odile Jacob, 1998

– Cyrulnik (Boris), Sous le signe du lien, Paris, Odile Jacob, 1997

– Desmond Morris, L’éthologie des primates, 1978

– Desmond Morris, Le zoo humain, 1969

– Desmond Morris, Le Singe nu, 1967

– Armand Farrachi, Les ennemis de la Terre, Exils Editeurs, 1999

– Alain Finkielkraut et Elisabeth De Fontenay, Des hommes et des bêtes, Répliques, Ed.du Tricorne, 2000

– Fontenay (Elisabeth de), Le silence des bêtes : la philosophie à l’épreuve de l’animalité, Points, Essais, Paris, 2013

– Fontenay (Elisabeth de), Sans offenser le genre humain : réflexions sur la cause animale, Albin Michel, Bibliothèque Albin Michel des idées, 2008

– Jeangène Vilmer (Jean-Baptiste), Anthologie d’éthique animale, PUF, 2011
http://www.jbjv.com/-Chapitres-de-livres-et-d-actes-de-.html

– Karl von Frisch, Le petit livre des insectes [« Das kleine Insektenbuch »], Insel Verlag, 1961

– Karl von Frisch, Le langage de la danse et l’orientation des abeilles [« Tanzsprache und Orientierung der Bienen »], Springer Verlag, Berlin, 1965

– Karl von Frisch (trad. André Dalcq, préface de Pierre-P. Grassé), Vie et mœurs des abeilles [« Aus dem Leben der Bienen »], Albin Michel, Paris, 1984, 255 p. : Ill. ; 23 cm

– La Fontaine, (Jean de), Fables 1668 – 1693

– Lorenz (Konrad), The Foundations of Ethology (1981) ; Les Fondements de l’éthologie, Flammarion, Paris (1984)

– Lorenz (Konrad), On Aggression (1966) ; (titre original : « Das sogenannte Böse. Zur Naturgeschichte der Aggression. », Borotha-Schoeler, Wien, 1963) ; L’Agression, une histoire naturelle du mal (traduit de l’allemand), Flammarion, Paris (1977)

– Lorenz (Konrad), Essais sur le comportement animal et humain : Les leçons de l’évolution de la théorie du comportement, Le Seuil, Paris (1970).
Studies in Animal and Human Behavior Vol I (1970) ; (orig.: « Über tierisches und menschliches Verhalten. Aus dem Werdegang der Verhaltenslehre », Band 1, 1965)
Studies in Animal and Human Behavior Vol II (1971) ; (orig.: « Über tierisches und menschliches Verhalten. Aus dem Werdegang der Verhaltenslehre », Band 2, 1965)

– Lucien Malson, Animaux et philosophes, Ed. du Layeur, 2009

– Robert Maggiori, Un animal, un philosophe, Julliard, 2005

– Matignon, K.-L., Sans les animaux le monde ne serait pas humain, Albin Michel

– Denis Müller et Hugues Poltier, La dignité de l’animal, quel statut pour les animaux à l’heure des technosciences ?, Labor et Fides, 2000

– Pastoureau, Michel, Bestiaires du moyen-âge, Seuil, Paris, 2019

– Pastoureau, Michel, Le Cochon, Histoire d’un cousin mal aimé, Gallimard, 2009

– Pastoureau, Michel, Le Loup, Une histoire culturelle, Seuil, Paris, 2018, 160 p.

– Pastoureau, Michel, Le Taureau, Une histoire culturelle, Seuil, Paris, 2020

– Pastoureau, Michel, Les Animaux célèbres, Arléa, 2008

– Pastoureau, Michel, L’Ours, Histoire d’un roi déchu, Seuil, Paris, 2016

– Santeuil, Alexandre, Un point de vue de la psychanalyse sur la corrida. (Infra)

– Stroz, Nicolas, Y a-t-il de bonnes raisons de comparer la maturation humaine à la maturation animale ou végétale ? (Infra)

– Tinbergen N. (1967) La vie sociale des animaux. Introduction à la sociologie animale. Payot. Paris, 186 p.

– Tinbergen N. (1971) L’Etude de l’instinct. Payot, Paris

– Enrique Utria, préfacé par Armand Farrachi, Droits des Animaux, théories d’un mouvement, Ed. Droits des Animaux, 2007


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Nicolas Koreicho – Institut Français de Psychanalyse©

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