Extraits de : A la recherche du temps perdu

A la recherche du temps perdu (extraits)

 

proust

Jacques – Emile Blanche – Portrait de Marcel Proust – 1892

« Telle, étourdie par la gaîté des fidèles, ivre de camaraderie, Mme Verdurin, juchée sur son perchoir, pareille à un oiseau dont on eût trempé le colifichet dans du vin chaud, sanglotait d’amabilité. »

« Ne savais-je donc pas que ce que j’éprouvais, moi, pour elle, ne dépendait ni de ses actions, ni de ma volonté ? »

Du côté de chez Swann

 

« Le temps dont nous disposons chaque jour est élastique ; les passions que nous ressentons le dilatent, celles que nous inspirons le rétrécissent, et l’habitude le remplit. »

« Car le regret comme le désir ne cherche pas à s’analyser, mais à se satisfaire ; »

« L’amour le plus exclusif pour une personne est toujours l’amour d’autre chose. »

« […] l’important n’est pas la valeur de la femme, mais la profondeur de l’état ; »

« Tant que vous vous détournerez votre esprit de vos rêves, il ne les connaîtra pas ; vous serez le jouet de mille apparences parce que vous n’en aurez pas compris la nature. »

A l’ombre des jeunes filles en fleur

 

« […] notre vie sociale est comme un atelier d’artiste, remplie des ébauches délaissées où nous avions cru un moment pouvoir fixer notre besoin d’un grand amour… »

Le côté de Guermantes

 

« […] en amour, il est plus facile de renoncer à un sentiment que de perdre une habitude. »

« On ne se réalise que successivement »

« L’amour, c’est l’espace et le temps rendus sensibles au cœur. »

« Comme il n’est de connaissance, on peut presque dire qu’il n’est de jalousie que de soi-même. L’observation compte peu. Ce n’est que du plaisir ressenti par soi-même qu’on peut tirer savoir et douleur. »

La prisonnière

 

« On n’a pas de prise sur la vie d’un autre être. »

« Notre amour de la vie n’est qu’une vieille liaison dont nous ne savons pas nous débarrasser. Sa force est dans sa permanence. Mais la mort qui la rompt nous guérira du désir de l’immortalité. »

La fugitive

 

« […] gens trop intelligents pour la vie relativement oisive qu’ils mènent et où leurs facultés ne se réalisent pas. »

« Tout est affaire de chronologie »

« Mais c’est quelquefois au moment où tout nous semble perdu que l’avertissement arrive qui peut nous sauver. »

« […] car les vrais paradis sont les paradis qu’on a perdus. »

« […] un être que n’apparaissait que quand, par une de ces identités entre le présent et le passé, il pouvait se trouver dans le seul milieu où il pût vivre, jouir de l’essence des choses, c’est-à-dire en dehors du temps. »

« Ne vient de nous-même que ce que nous tirons de l’obscurité qui est en nous […] »

« […] tout ce qui semblait définitif est-il perpétuellement remanié[…] »

« […] car nos plus grandes craintes, comme nos plus grandes espérances, ne sont pas au-dessus de nos forces, et nous pouvons finir par dominer les unes et réaliser les autres. »

Le Temps retrouvé

 

Marcel PROUST (1871 – 1922)
A La recherche du temps perdu